Fête de la Sainte Famille

 

Siracide 3,2-14 , Colossiens 3, 12-21, Luc 2, 25-36

 

L’’Eglise nous présente aujourd’hui une des scènes les plus extraordinaires du Nouveau Testament. Elle nous révèle, en effet, la relation que le Christ a avec son Père et la profondeur de cette intimité.

Vous connaissez la scène : Jésus-Christ reste, après la fête de Pâque, à Jérusalem. Il va dans le Temple, des docteurs de la Loi l’interrogent et s’extasient des réponses de Jésus qui manifestent une intelligence hors du commun.

Mais le plus important est de remarquer la manière dont Jésus-Christ met en attitude de recherche et d’amour ceux qu’il aime, c'est-à-dire Marie et Joseph. Quand ses parents lui demande : « Où étais-tu ? », Jésus leur répond : « C’est chez mon Père que je dois être ». Cette formule n’offre plus de difficultés car tous les exégètes soulignent qu’il ne s’agit pas pour Jésus d’être aux affaires de son Père mais d’être chez son Père. Lui, le Christ enfant est toujours auprès de son Père. Jésus s’étonne que son père et sa mère ne le comprennent pas, puisque « être chez son Père » est le cœur de son mystère.

Le Christ a une conscience humano divine qui le fait vivre en communion constante avec son Père. « Ne saviez-vous pas, c’est chez mon Père que je dois être ». Il y a là quelque chose de merveilleux. A douze ans, le Christ témoigne son indépendance à l’égard de Marie et de Joseph et sa soumission. Il est soumis à ses parents mais pour devoir dévoiler sa mission tout à fait spéciale, il reste absent de leurs yeux pendant trois jours et demeure dans le temple. Ses parents s’étonnent et s’inquiètent mais le Christ veut leur faire comprendre qu’en demeurant au temple, chez son Père, il témoigne d’une réciprocité d’amour infini qu’il y a entre lui et le Père. Tout est révélé dans cette formule : « Chez mon Père que je dois être ». C’est une révélation extraordinaire  C’est le témoignage de tout ce que nous retrouvons dans l’Evangile : Jésus Christ est toujours avec son Père. Il ne peut être que chez son Père. Nous avons à découvrir que notre mystère est d’être dans le mystère du Christ, enveloppés de sa tendresse, enveloppés de tout l’amour qui est en lui et qui est l’amour du Père.

Quant à Marie, elle garde tous ces évènements dans son cœur. Cet Evangile nous montre que le Christ, s’il grandit en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes, reste absolument indépendant même vis-à-vis de ses parents auxquels il commence à révéler son mystère, pour nous inviter à entrer dans le mystère de la Pâque et y faire la volonté de son Père.

« Ne saviez-vous pas, c’est chez mon Père que je dois être ? ». Formule étonnante, formule absolument originale à nulle autre pareille. C’est vraiment chez son Père que le Christ est, et nous chantons la gloire de Dieu en sachant que ce garçon de douze ans a déjà une conscience qui le met à part de l’humanité. Il fait toujours ce qui plait à son Père, il le fait depuis toujours et il est chez lui.

Demandons au Seigneur de découvrir la transparence et l’amour qui existe dans sa dépendance à l’égard de sa mère et son père et en même temps la mission donnée par son Père qui est de révéler aux hommes qu’il est auprès de lui. Entrons dans ce mystère avec la douceur, la paix, la joie dont nous parle St Paul, laissons nous prendre de l’intérieur de ces évènements comme Marie. Gardons dans notre cœur l’amour du Père, l’amour du Fils, et grandissons comme lui à son image en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

Oui, que le Seigneur nous donne de conserver tous ces évènements en notre cœur comme Marie l’a fait. Marie n’a pas compris la Parole de son Fils mais elle l’a gardé dans son cœur. Elle comprendra peu à peu et entrera dans le mystère qui s’ouvrira sur la Croix du Christ, sur la gloire de Dieu se manifestant dans la résurrection.

C’est ce mystère que nous allons célébrer, mystère de communion dans l’amour, mystère de communion dans la vérité de Dieu. Que le Seigneur nous donne des yeux nouveaux, un cœur nouveau, et que son dessein d’amour nous soit dévoilé. Que le Seigneur nous donne de comprendre que le Seigneur a une relation toute spéciale avec le Père puisqu’il est de même nature que lui ; il est donc toujours chez son Père qui ne l’abandonne pas un seul instant. Nous devons croire aussi que Dieu ne nous abandonne à aucun instant de notre vie. Il est avec nous. C’est la seule chose qui compte. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

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