Jeudi 25 décembre 2009

Messe du jour de Noël


Isaïe 52, 7-10 Hébreux 1, 1-6 Jean 1, 18

 

l’Evangile. Ce roc est la solidité même, la solidité la plus extraordinaire qui soit : c’est le mystère du Verbe de Dieu, de la Parole de Dieu, de cette Parole qui était auprès de Dieu et qui demeure auprès de lui « toute tournée vers le Père » comme le dit l’Evangile.

« Au commencement était le Verbe », ce Verbe tout tourné vers son Père. C’est en lui que tout repose : « Par lui tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». Cette hymne de Saint Jean, c’est l’hymne de la vie, de la joie, de la lumière, c’est l’hymne de la transparence parfaite du monde au mystère de Dieu et du triomphe de cette Parole dans le monde : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».

Nous venons d’entendre un passage de la lettre aux Hébreux nous dire que ce Verbe est le « reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être : ce Fils qui porte toutes choses par sa Parole puissante ». Nous sommes devant ce mystère : « Ce Fils qui porte toutes choses par sa Parole puissante ».Ce qui est paradoxale, c’est que ce mystère de toute puissance dans l’amour nous est donné dans un enfant nouveau-né, dans la fragilité la plus extraordinaire qui soit, cette fragilité de l’homme promis à la mort

Reflet resplendissant de la gloire du Père et fragilité la plus invraisemblable qui soit, c’est tout le mystère de la création et de la rédemption du Christ. Mystère « caché depuis avant la fondation du monde, maintenant dévoilé », mystère de vie communiqué : « Je serai pour lui un Père, il sera pour moi un Fils ». Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que le Seigneur est venu habiter parmi nous. Il a « dressé sa tente parmi nous », il est devenu l’un d’entre nous ; il a pris une chair semblable à la nôtre, avec une âme humaine comme la nôtre, pensant et vivant comme nous, véritable regard du Fils sur le Père. « Tous nous avons part à sa plénitude et nous avons reçu grâce après grâce ». Il n’ y a que la grâce, il n’y a que l’amour. C’est la plénitude de l’amour qui se déverse et voilà pourquoi l’Ecriture dit : « les pieds de ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle sont beaux ». Il y a véritablement un mystère d’annonce du Seigneur. Nous proclamons aujourd’hui à la face du monde que le Seigneur est là, qu’il est notre solidité, notre roc, notre toute puissance, notre amour : il est la grâce et la vérité. Nous annonçons quelque chose de merveilleux. Nous reposons sur ce mystère de Dieu qui nous a crées, qui est présents au tréfonds de notre être. « Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui nous l’a fait connaître ».

Pour vous, cet enfant de la crèche est-il vraiment le mystère du Seigneur que nous attendons ? Est-ce la découverte de cette folie de l’amour venant sur cette terre, enveloppant notre terre si atrocement malade, si atrocement loin de toute bonté, de toute vérité ?

 

 

 

 

 

 

 

« Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui nous l’a fait connaître ». Il y a dans ces paroles quelque chose d’absolument unique parce qu’il n’ y a rien de comparable en ce monde, parce que c’est la réalité qui commande toute notre vie et qu’il y en a aucune autre. « Rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».

« Nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique ». Les apôtres ont vu la gloire de Dieu et c’est cette lumière qui nous triomphe dans nos vies. La vie de Dieu donne consistance à nos vies. Dans l’Eglise, nous vivons ce mystère, bien qu’il soit déformé par nos péchés, nos misères et nos lâchetés. Le visage de l’Eglise contient cette présence : elle est le roc indéfectible sur lequel tout repose. Ce roc, c’est le Christ, c’est le Fils qui est l’Amour.

C’est de la folie, me direz-vous, de proclamer cela dans ce monde, si atrocement déchiré, dans ce monde qui ne veut plus connaître la vie, qui refuse la vie parce qu’il n’a pas foi en l’avenir. Et bien, nous chrétien, nous proclamons que la vie est là, et la plénitude de la vie est la plénitude de l’Amour.

  « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». Rien ne peut arrêter la vie de Dieu. Regarder la fragilité  invraisemblable du Christ : elle le conduira à la mort. Oui, la fragilité de la crèche englobe tout le mystère de la Croix et fait que Marie est déjà présente au pied de la Croix, dés la naissance de son Fils.

« La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ». C’est le mystère de cette gloire infinie, de cette unité du Fils « plein de grâce et vérité ». Il est amour. Il est lumière. Il est Rédemption. Il est sagesse. Il est notre tout.

Dans l’Eucharistie que nous allons célébrer, qu’il y ait ce chant d’action de grâce, que ces textes de Saint Jean et de l’épître aux Hébreux habitent nos cœurs, qu’ils les transforment car nous sommes de ceux qui croient en son nom et sont devenus enfants de Dieu. « Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu ». Naître de Dieu, n’est ce pas la chose la plus extraordinaire qui soit ? Il nous est demandé de grandir dans ce mystère de vérité et d’amour. Jésus Christ a le regard éternellement tourné vers le Père. A notre tour, ayons le regard éternellement tourné vers notre Père dans le Christ avec l’Esprit.

Alors nous chanterons cette joie de Noël qui est la joie de la vie, de la lumière, de la vérité. C’est la gloire de l’Agneau immolé qui s’est offert à son Père pour faire sa volonté. Laissons le Seigneur ouvrir nos cœurs, les ouvrir comme seul, il peut les ouvrir : en les blessant mais en les aimant. Le Seigneur blesse nos cœurs pour y faire sa percée et y mettre tout son amour qui nous permettra de nous donner à lui. Et si cela fait mal au premier abord, c’est que nous ne sommes pas prêts à l’amour. Mais comme le Seigneur est tout amour, en même temps que la blessure, il nous donne le baume qui guérit.

Demandons les uns pour les autres, et pour toute l’Eglise, cette blessure de l’amour et cette guérison de l’amour. Ces deux choses nous sont données ensemble dans la réalité du mystère de Dieu. Nous pouvons dire que nous avons rencontré le Seigneur car nous avons rencontré le Fils qui est dans le sein du Père et c’est lui qui nous l’a fait connaître. Qu’il nous le fasse connaître toujours davantage et à chaque instant dans sa lumière. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

 

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