Dimanche 8 juin 2011

Dimanche de la Pentecôte

Actes des Apôtres 2, 1-11 1 Corinthiens 12, 3-13 Jean 20, 19-23

 

La Pentecôte est une très grande fête liturgique chrétienne puisqu’elle signifie le but pour lequel Jésus Christ est venu sur terre. Il s’est incarné, il est passé par la mort et la résurrection pour pouvoir nous donner l’Esprit Saint. Cette fête est centrée sur le don de l’Esprit Saint. Vous l’avez remarqué à l’écoute des différentes lectures car c’est lui qui est premier, qui nous donne d’être chrétiens et de demeurer dans le cœur de Dieu.

« Viens, Esprit Saint, remplis le cœur de tes fidèles, allume en eux, le feu de ton amour » avons-nous chanté avant la proclamation de l’Evangile. Viens Esprit Saint ! Il y a au cœur de chaque chrétien, s’il mesure ce qu’il est, un désir de découvrir plus profondément le mystère de Dieu pour le faire sien. Car le don de l’Esprit Saint fait de chaque être une créature nouvelle, une création prise dans le feu de l’Esprit.

Au soir de Pâques, le Seigneur donne un pouvoir immense à ses disciples : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, il lui  seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ». Nous avons reçus l’Esprit Saint le jour de notre baptême et nous sommes donc baptisés en Lui.

Croyons-nous vraiment qu’en recevant l’Esprit Saint nous sommes devenus enfants de Dieu ? Cette expression est invraisemblable, je dirais même incompréhensible, comme est incompréhensible l’amour  libre de Dieu. Nous sommes devenus des enfants qui ont en eux l’amour du Père, qui ont en eux le même amour qu’il y a dans le cœur de Jésus Christ et qui se le donnent les uns aux autres dans la charité. La mission du Saint Esprit est de nous apprendre à aimer. C’est à la fois, la chose la plus simple et la plus difficile qui soit. Comment fait-il ? Le Saint Esprit nous met aux pieds de nos frères comme il a mis le Christ aux pieds de ses frères. Voilà la vérité de l’amour.

C’est le commencement de la vie éternelle déjà commencée en nous qui s’épanouira dans la gloire. Croyons-nous à  la vie éternelle ? Croyons-nous à cette vie qui jaillit du cœur de Dieu ? Je sais bien que nous vivons dans un monde qui ne rend pas facile l’affirmation de la foi, essentiellement parce que nous ne savons pas ce qu’est la liberté. Or nous avons à découvrir que le Saint Esprit est une force de délivrance, une force d’espérance, une force de paix et de joie. Nous sommes libérés par l’Esprit Saint. Nous avons à découvrir la libération que Dieu veut recréer en nous. Vous savez quelle différence qu’il y a entre un homme libre et un prisonnier. L’homme libre peut se déplacer à son gré sous le souffle de l’Esprit, le prisonnier ne le peut pas. Or le Seigneur nous rend libres (attention à ce mot, saisissez en bien le sens). Le Seigneur nous rend libre de sa liberté, libres, c'est-à-dire capables de répondre à tous les obstacles qui se trouveront sur notre route, et il y en aura ! Dans la vie chrétienne, il y a quelque chose de dur que nous devons assumer : nous devons passer après bien des tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu, c’est pour cela que nous avons besoin d’être délivrés au plus secret de notre cœur.

Nous sommes libérés mais non totalement. Nous sommes libérés en espérance car nous avons en nous la puissance du Saint Esprit, cette puissance invraisemblable, capable de nous faire triompher de toutes les difficultés. Vous connaissez la vie de Paul, de Pierre, de Jacques, de Jean, des martyrs des premiers siècles ou des martyrs des temps modernes. Oui, l’Esprit Saint est une force de liberté par rapport à tous les emprisonnements dans lesquels nous sommes. Notre civilisation bloque les horizons, elle empêche les hommes d’avancer et de trouver leur chemin. L’Esprit Saint est une force de libération. Il nous libère dans l’espérance : nous verrons Dieu face à face. Dans l’espérance, nous pouvons être maintenant auprès de Dieu. Quand le Seigneur dit à ses disciples : « La paix soit avec vous », il veut dire : je vous ai donné le Saint-Esprit, transmettez-le aux hommes.

Cette force de délivrance est une force d’espérance. Elle passe à travers tous nos péchés, toutes nos misères, toutes nos faiblesses. Elle passe à travers tout. Elle triomphe de tout. L’espérance englobe le monde entier et la création toute entière, nous dit St Paul, attend le jour de sa délivrance. Nous espérons cette transformation du monde et la Pentecôte nous l’annonce puisque cette fête n’est autre que l’annonce du Saint Esprit dans nos cœurs.

Laissons le Saint Esprit entrer dans nos cœurs. La vie chrétienne ne consiste qu’en une chose, nous dit Séraphin de Sarov : acquérir le Saint-Esprit, c'est-à-dire se laisser prendre par lui pour que tout devient transparent à la lumière de Dieu. Nous sommes des êtres extraordinaires, invraisemblables, parce que habités par Dieu. Nous sommes les temples du Saint-Esprit. Mesurez-vous ce que cela signifie ? Mesurez-vous à quelle profondeur cela nous engage ? Notre seule richesse est l’amour du Père et du Fils dans la vie de l’Esprit Saint. Notre seule richesse est là et tout peut être laissé à cause d’elle.

Nous aimons dans la mesure où nous laissons l’Esprit, nous ouvrir à sa lumière. Aimer, aimer jusqu’au bout, aimer son frère comme le Christ a aimé jusqu’au bout. Voilà ce qui nous ait demandé, en cette fête de la Pentecôte. Il faut s’appuyer sur la puissance et l’amour de Dieu. « Comme le Père, m’a envoyé, moi, aussi je vous envoie. » Le même mystère se reproduit : nous sommes aussi proches du Christ que les apôtres l’étaient de lui. Nous avons à découvrir le visage du Christ dans l’esprit d’amour. Laissez la gloire du Seigneur se réfléchir sur vos visages, et que la joie de Dieu chante en vos cœurs. Si l’Esprit Saint est une force de délivrance, c’est une force de paix et de joie transfigurant l’épreuve, transfigurant la maladie, transfigurant même la mort.

Le Saint Esprit est là, il est à l’œuvre dans toutes nos vies : à nous d’y croire. Quand nous communions au Corps du Christ, le Saint Esprit nous donne sa force, sa puissance et son amour à condition qu’il soit quelqu’un pour nous. Il faut croire que le Saint Esprit est un avec le Père et le Fils et qu’il nous donne d’aimer. Rien n’est plus vrai que cela, le reste est à son service.

Dans l’Eucharistie, nous demanderons au Seigneur de lui donner tout notre cœur. Que l’Esprit Saint nous prenne car, par nous-mêmes, nous ne sommes capables de rien. C’est lui qui peut nous donner l’espérance, c’est lui qui peut nous donner la joie et la paix.

Recevez le Saint Esprit et qu’il règne activement dans chacun de vos cœurs. Qu’il vous transforme, qu’il lève tous les obstacles qu’il y a dans ce monde pour le rencontrer. Il est dur quelquefois de rencontrer le Seigneur mais en réalité cette dureté est douceur parce que la seule chose qui compte, c’est Dieu. Nous avons à le découvrir à travers tout ce que nous sommes, à travers nos frères.

Chantons le mystère de Dieu, chantons cette filiation que le Père a voulu pour nous dans son Fils. Nous sommes Fils du Père. Un enfant chante son Père, chante sa mère, chante l’amour de son père et de sa mère comme il chante ce qu’il y a au plus profond de son cœur. C’est l’amour qui fait tout. C’est un torrent : laissez-vous emporter par lui, il vous conduira dans sa gloire. Amen !

(Extrait du livre : L' amour du Père révélé dans sa Parole. Homélies, année A. Parole et Silence )

 

 

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