Le fleuve du Jourdain

 

 

A notre baptême
nous entendons Dieu nous dire :

« C’est toi mon Fils : Moi, aujourd’hui je t’ai engendré ».

 

Dimanche 10 janvier 2010

Baptême du Seigneur

Isaïe 42, 1-7 Actes 10, 34-38 Luc 3, 15-22

 

La fête du Baptême vient comme l’accomplissement de l’Epiphanie ; c’est en même temps notre fête.

Le baptême du Christ met en lumière le serviteur dans lequel le Père met toute sa complaisance d’amour, toute sa joie, toute sa paix. Il est destiné à annoncer au monde le salut à sa manière : « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit ». Le serviteur est dans la main du Père et son mystère consiste à aller à la croix et à la résurrection, enveloppé par l’amour du Père dans une perspective de salut universel.

Le livre des Actes des apôtres souligne : « Dieu ne fait pas de différences entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste » : le salut est donc bien pour tous les hommes. Le Seigneur est venu pour tous : « Là où il passait, Jésus faisait le bien et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui ». « Dieu était avec lui », mystère de la présence du Seigneur dont l’apogée se situe à la croix.

L’Evangile de Luc nous indique que le baptême du Christ se situe dans un contexte de prière : « Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit ». La prière du Christ manifeste qu’il est en communion constante avec le Père. Les cieux ouverts signifient que la communication entre le ciel et la terre est désormais rétablie et qu’il y a une véritable proximité entre le ciel et la terre, je dirais même une interprétation entre le ciel et la terre dans lequel les hommes sont pris.

Le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur Jésus tandis qu’une voix venue du ciel proclamait solennellement : « C’est toi mon Fils : Moi, aujourd’hui je t’ai engendré ». Les autres évangélistes expriment davantage que le serviteur est le fils bien-aimé du Père en qu’il met toute sa complaisance d’amour. Luc, semble-t-il, va plus loin, il reprend le psaume 109 : « C’est toi mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ». C’est l’engendrement éternel du Fils dont il s’agit et quelle joie de savoir que nous sommes enveloppés de ce même amour.

Le Christ est baptisé pour nous tous. Il prend notre place. En pénétrant dans l’eau qui est pour les sémites un élément négatif, il  plonge dans la mort pour en sortir vainqueur.

Nous avons, nous aussi, à entendre la voix du Père retentir en nous : « Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le » ou « Tu es mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Cette voix doit pénétrer en nous pour participer à la mort et à la résurrection du Christ. Car c’est bien dans le baptême même du Christ, qui est préfiguration de sa mort et de sa résurrection, que nous sommes baptisés. Le dernier effet du baptême est le triomphe sur la mort qui annonce notre propre résurrection d’entre les morts. Je le dis avec d’autant plus de force que cette nuit, j’ai appris la mort de ma Mère. Elle est auprès du Seigneur, la gloire du Seigneur est là et il se manifeste à travers sa présence. Il est le Seigneur, il est le Vivant et nous, tous ensemble, nous chantons le mystère de Dieu car c’est lui qui est notre Tout. C’est à nous de savoir si nous croyons au mystère du Christ ou si nous n’y croyons pas ; c’est à nous de découvrir le mystère d’amour qu’il y a entre le Père et le Fils, le mystère du Père qui livre son Fils à la mort dans l’amour, qui le donne pour le salut du monde et que nous recevons dans l’action de grâces et la joie. Je suis bouleversé par cette nouvelle qui me broie, vous le comprenez bien, mais cela n’a pas d’importance. L’important est que la gloire triomphe, que la mort soit vaincue. Elle est vaincue dans le Christ. Amen !

(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )

 

 

 

 

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