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Dimanche 21 mars 2010 Cinquième dimanche de Carême Isaïe 43,16-21 Philippiens 3, 8-14 Jean 8, 1-11
La montée à Jérusalem qui conduit à la croix et à la résurrection se fait à travers le dévoilement du visage du Christ qui est toute tendresse, toute fidélité, toute amour. Nous sommes aujourd’hui devant une scène de l’Evangile tout à fait étonnante, une scène qui se passe dans le temple où Jésus prend une position très nette et très simple, qui révèle à nouveau le visage du Père. « Moi non plus je ne te condamne pas ».
Tout est là. Il a mis chacun devant sa conscience et chacun est
obligé de reconnaître qu’il est un pécheur comme
tous, qu’il n’y a qu’une chose à faire, s’humilier
devant le Seigneur. A lui, personne ne peut lui jeter la pierre. Le Seigneur
dévoile l’amour de son Père. Ce n’est pas un
amour qui condamne puisque Jésus nous révèle que
nous sommes sauvés en lui. Il a simplement une petite Ce texte a paru tellement étonnant que c’est un feuillet qui a été éliminé d’un Evangile et qui a été ensuite réinséré dans l’Evangile de Jean dont il coupe la trame ; mais cela nous montre bien qu’il y a eu comme une hésitation de la communauté à accepter ce texte. Pourtant, il est central puisqu’il dévoile le mystère de l’amour du Père rencontrant chacun d’entre nous. N’oublions jamais que c’est une rencontre d’amour. St Paul chante cet amour avec une force éperdue, une force qui dépasse tout ce qui est possible. Paul est un homme qui a tout lâché pour le Christ, il considère tout comme de la balayure en vue d’un seul avantage : le Christ. Il s’agit pour lui en effet, de gagner le Christ, c'est-à-dire le découvrir dans la foi, dans l’amour, dans la vérité. St Ignace d’Antioche dira, en allant au martyre, qu’il ne veut qu’une chose : gagner le Christ. Ce n’est pas une attitude de marchandage mais une attitude de foi. St Paul l’exprime ainsi : « tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur ». Cette connaissance nous fait participer à la mort et à la résurrection du Christ et nous engage, selon l’image de St Paul, dans une course invraisemblable pour saisir le Christ, c'est-à-dire pour l’aimer davantage. « Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection, de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l’espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d’entre les morts ». St Paul nous dit qu’il a été saisi par le Christ. En effet, le Seigneur a mis la main sur lui et lui demande de répondre en allant de toutes ses forces vers le but que le Christ lui a désigné, c'est-à-dire oublier tout ce qui est en arrière pour regarder ce qui est en avant, la rencontre de Dieu dans l’éternité. Renoncer à tout pour être avec le Christ ! Il se pourrait qu’il y ait un paradoxe avec l’Evangile de Jean qui est une parole de pur pardon et, je dirais, cet engagement presque violent qui demande toutes les forces de Paul pour s’enraciner dans le mystère de Dieu. C’est pourtant la même attitude de gratuité, Paul a été saisi par le Christ aussi gratuitement que la pécheresse a été saisi par le même Christ. Nous avons à nous laisser saisir par lui, nous laisser prendre par lui, nous laisser transformer par lui, nous laisser nous engager dans son propre mystère, nous lancer en avant, en laissant de côté ce qui est en arrière, pour reconnaître celui qui est notre amour, notre vérité, notre justification. Connaître cette justice nous vient pas de nous-mêmes La sainteté ne vient pas de nous-même mais de l’amour du Seigneur. Par grâce, Paul répond à l’appel du Christ avec la violence de l’amour : « Je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ ». Le temps pascal approche, renouvelons notre présence au mystère du Christ. Laissez-vous faire, il fera ce qu’il a à faire, il vous mènera là où il veut. Que le Seigneur vous bouleverse au plus profond de votre être, que vous ressentiez la blessure que seul l’amour est capable de faire. L’amour blesse pour illuminer, pour transformer. Laissez-vous transformer.
Il serait trop facile que le chrétien soit l’homme qui participe à la messe et ne fasse plus rien d’autre. Non, être chrétien demande un engagement total, un engagement irrévocable. Il faut aller jusqu’où bout puisque le Christ nous a aimé à l’extrême. Je voudrais que vous n’ayez q’une pensée pendant la semaine sainte, c’est de connaître le Christ au plus profond de votre être. Si une chose peut chahuter un homme, c’est bien l’amour de Dieu. Alors, laissez le vous chahuter jusqu’au bout. Il vous mettra sens dessus dessous, c’est son rôle. L’amour bouleverse pour rétablir dans la vérité, pour rétablir dans ce dynamisme fondamental qui est le dynamisme de la vie chrétienne, ce dynamisme qui vient d’en haut. Nous sommes déjà auprès du Christ. Demandons au Seigneur de nous prendre comme lui seul peut le faire. Lui seul connaît les chemins qui peuvent être les siens dans nos vies et qui ne sont pas celui du voisin. Le Seigneur a son dessein sur chacun d’entre vous, laissez-le faire, c’est lui qui mène, c’est lui qui vous montrera ce chemin unique. Oublier ce qui est en arrière, regarder vers ce qui est en avant, c’est ce que je vous souhaite. Amen ! (Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence )
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