|
Dimanche 20 décembre 2009
Quatrième dimanche de l'Avent, année C Michée 5,1-4 , Hébreux 10, 5-10 Luc 1, 39-45 A l’approche de la fête de Noël, l’Eglise nous met face au mystère de celui qui doit naître à Bethléem et qui dit être le berger de son troupeau. Le berger nous conduit au nom même de Dieu, avec la toute puissance de Dieu. Saint Matthieu termine son Evangile par ces mots du Christ. « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28,18). Je voudrais souligner aujourd’hui le mystère de la foi dans lequel nous sommes engagés. Il est au cœur de toutes nos vies parce que tout simplement, c’est le mystère même de Dieu entrant dans nos vies. Vous avez entendu l’éloge que fait Elisabeth de Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Marie est vraiment celle qui donne sa foi au monde, et qui nous aide entrer dans la parole du Seigneur. Notre mystère à nous tous est d’écouter la Parole de Dieu et de rentrer dans cette unique Parole qu’est le Christ mort et ressuscité. Et en profondeur, notre bonheur qui enveloppe tous nos autres bonheurs humains et qui leur donne valeur, c’est justement d’entrer dans la joie et la paix de Dieu. « Tu es béni entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni ». Marie est vraiment la bénie. Elle est bénie par le Père et elle, mieux que personne, peut nous aider à entrer dans le mystère de Dieu. Elisabeth s’étonne que la mère de son Seigneur vienne jusqu’à elle. Il faut que nous nous étonnions aussi de rencontrer Dieu. Il y a un étonnement qui doit jaillir de nos cœurs : le Seigneur est venu pour nous, il est venu pour nous transformer et nous transfigurer. Il est venu pour nous librement, il est venu par amour, il est venu simplement parce que l’amour est au cœur de son être. Il est l’Amour tout simplement. Aujourd’hui, nous célébrons ce mystère de foi au cœur de l’Eucharistie qui est l’action de grâces comme celle de Marie et d’Elisabeth, une réponse à l’action de grâces qu’est le Christ lui-même rendant grâces au Père et triomphant de la mort par sa résurrection. Nous nous réjouissons lorsque un Baptême est célébré. Le baptisé naît à la vie divine et entre ainsi dans la communauté de l’Eglise : il est tout renouvelé. Ainsi nous est-il donné, à nous aussi, de renaître à une vie nouvelle. Tous, tant que nous sommes, croyons-nous que nous sommes nés de Dieu, croyons-nous vraiment que nous sommes « renés » de Dieu, que nous sommes pris dans le mystère de Dieu au point d’être amenés à suivre le Christ ? Croyons-nous que toute notre vie consiste à le suivre pas à pas et à le laisser guider nos vies ? Dans le texte de l’épître aux Hébreux, il nous est rappelé que le Christ a dit en entrant dans le monde : « Tu n’as pas voulu de sacrifices, ni d’offrandes mais tu m’a fait un corps. Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors je t’ai dit : Me voici mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c’est bien de moi que parle l’Ecriture ». Le Seigneur est venu s’offrir, il est venu souffrir pour nous extraire du péché, pour nous faire entrer dans la joie de Dieu, pour préparer l’ouverture de nos cœurs à son amour et l’ouverture de nos cœurs à tous nos frères. Un homme, qu’est-ce finalement sinon quelqu’un qui s’offre au Seigneur et à ses frères dans la réalité de l’amour et qui reçoit ses frères comme un cadeau, comme un don infini du Seigneur ? Nous avons à redécouvrir plus profondément ce qu’est notre baptême. Je voudrais que tout baptême soit pour nous tous l’occasion d’une reprise de nous-mêmes dans le Seigneur afin que nous revenions des êtres neufs. Pensons-nous à la nouveauté qui est en nous, cette nouveauté qui est le christ, cette nouveauté invraisemblable comme il n’ y en pas d’autre, cette vérité qui transforme nos vies, qui fait de nous des êtres recrées dans le Christ ? Laissons-nous les sentiments qui sont dans le Christ Jésus ( Ph2,5 ), sentiments d’abaissement, d’amour de nos frères, dominer nos vies ? Nos vies sont-elles vraiment selon le Christ ? Sommes-nous sûrs devant les Béatitudes que c’est la Parole de Dieu qui engage toute notre vie ? « Bienheureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux ». Croyons-nous que le baptême nous enracine au cœur de l’amour de Dieu, et nous engage dans le même mystère que le Christ, c'est-à-dire un mystère de mort et de résurrection ? Ce que le Seigneur nous demande, c’est d’entrer dans le mystère de la volonté de Dieu. Le Seigneur a supprimé l’ancien culte mais il a établi le nouveau c'est-à-dire cette offrande que le Christ fait de son corps et dans laquelle nous entrons. Nous avons à entrer dans la volonté du Père et vous savez combien elle est déconcertante, combien elle est étonnante. Lorsqu’il m’arrive de célébrer un baptême ou de bénir un mariage, ce qui me paraît le plus étonnant, c’est le mystère qui est sur ces êtres, un mystère d’appel, d’appel auquel l’être baptisé ou marié doit faire face. Nous laissons-nous saisir par cette aventure avec le Seigneur ? Nous laissons nous emporter dans la découverte de l’amour de Dieu, dans sa découverte infini mais toujours nouvelle ? Marie a cru à l’accomplissement des paroles qui lui firent dites de la part du Seigneur. Qu’est ce que cela veut dire ? Elle a cru à l’amour, elle a cru à l’amour fou de Dieu, à cet amour qui a fait sortir le Christ du mystère de son Père et qui l’a fait venir habiter parmi nous. Elle a cru à la folie de l’amour de son Fils. C’est cela que l’Eglise nous invitera à proclamer à Noël, c’est ce que nous allons proclamer tout à l’heure dans le Credo qui nous rappelle la foi de notre baptême. Laissons-nous renouveler par ces « Je crois » qui vont jaillir de nos cœurs. Soyons heureux de le proclamer et demandons les uns pour les uns que ce soit une entrée dans le mystère de Dieu, une découverte du mystère de Dieu, une aventure dans le mystère de Dieu. Oui, une aventure d’amour, une aventure de réciprocité dans l’amour, de confiance et de paix, de joie et de lumière. Ensemble nous allons chanter le mystère de Dieu. Que ce chant soit vraiment le nôtre, « Je suis la servante du Seigneur, que s’accomplisse en moi la Parole de Dieu » dit Marie. Que s’accomplisse en nous la Bonne Nouvelle du salut et pour cela, il faut que nous soyons des êtres neufs, nouveaux de la nouveauté de Dieu. Pensez à ces hommes nouveaux que furent Paul, Jacques et Jean. Je connais mieux les apôtres que je connais les hommes de mon temps parce que je vis intensément à chaque instant et journellement au coeur de la communion des saints. Demandons au Seigneur d’entrer dans ce mystère de paix et de joie. Que les apôtres et les saints, soient pour nous des êtres vivants, et que l’Eglise soit pour nous vivante. L’Eglise n’est pas seulement ce qu’elle apparaît dans le monde ; c’est encore plus profondément un mystère d’amour et de communion. Demandons au Seigneur d’entrer dans cette communion de Dieu, dans cette communion d’amour et tout sera joué en nous, joué dans l’amour à nul autre pareil. Ce sera un renouvellement de tout nous-mêmes que seul Dieu peut accomplir en nous. Amen. (Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence ) | |||
|
|
|||
|
[Accueil] [Prier par son
intercession] [Récollection-Pèlerinages] [Ecrits,
Etudes] [Une vie pour Dieu] [Lire la
Parole] © 2003, L'Association "Père Marie-Joseph le Guillou o.p." |
|||