|
Dimanche 13 décembre 2009
Troisième dimanche de l'Avent, année C Sophonie 3,14-18, Philippiens 4, 4-7 Luc 3, 10-18 « Pousse des cris de joie, tressaille d’allégresse, le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi ». C’est la grande annonce qui est au cœur du mystère d’Israël, l’annonce messianique par excellence, l’annonce de la joie de Dieu au milieu de son peuple. C’est l a même annonce que l’on entend chez Saint Paul, celle qui est donné en ce dimanche qui s’appelait autrefois « gaudete », c'est-à-dire réjouissez-vous ; « iterun dico gaudete », « de nouveau je vous le répète, réjouissez-vous ». « Soyez toujours dans la joie, laissez-moi vous le redire, soyez dans la joie ». La joie est le signe que la nature humaine atteint son but et que tout s’éclaire à la lumière de cet amour et de cette sérénité. La joie jaillit de notre adhésion à la volonté de Dieu qui repose dans le cœur du Christ et qui nous est transmise. Le mystère du chrétien, le mystère de l’Eglise est un mystère de joie parce que Dieu vient habiter parmi son peuple. Et le texte de Sophonie prend toute son ampleur car c’est un appel à la joie messianique. Lorsque vous trouvez dans la Bible « pousse des cris de joie, réjouis toi », c’est toujours l’annonce messianique, l’annonce du Roi Messie qui vient sauver son peuple. Il est au milieu de son peuple et désormais le Seigneur dit à Israël qu’il n’y a plus à craindre : «Ne crains pas Sion, ne laisse pas tes mains défaillir ». « Ne crains pas Sion ». Ne crains pas, pourquoi ? Parce que le Seigneur est là parce qu’il met sa joie et son allégresse en Israël, parce qu’il renouvellera Israël par son amour. Le mystère de Dieu est un mystère de renouvellement dans l’amour, de renouvellement incessant : Dieu vient renouveler le fond de notre cœur. Ce renouvellement n’a de sens que parce qu’il y a la joie de Dieu, cette joie qui fait danser Israël. « Il dansera pour toi avec des cris de joie ». Dieu danse comme pour marquer sa joie un jour de fête. Le Seigneur est au milieu de nous. Il est là. C’est pourquoi Saint Paul n’a qu’un seul conseil à donner au Philippiens : « Soyez dans la joie, je vous le répète, soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais en toutes circonstances, dans l’action de grâces, priez et suppliez à Dieu pour faire connaître à Dieu vos demandes ». Ce qui doit caractériser le chrétien, c’est la sérénité. Au milieu des tribulations de ce monde, qu’il garde cette paix, cette joie qui lui vient de la proximité du Seigneur. Le Seigneur l’habite, il est au milieu de l’Eglise, il est au cœur de chacun d’entre nous. L’inquiétude est dépassée parce que tout est repris dans l’action de grâces et que nous demandons tout au Seigneur, sûrs d’être accueillis par Lui. Alors naît « la paix qui est la tranquillité de l’ordre » comme dit St Augustin. La tranquillité du mystère de Dieu nous unifie, nous met en place et nous rend disponible aux évènements, disponibles à tous. Ce que nous avons à demander, c’est cette joie, cette joie fondamentale, cette joie qui est merveilleuse : laissons éclater notre joie car Dieu est au milieu de nous. Pensons-nous vraiment que l’Eglise, malgré ses misères, ses faiblesses, ses lacunes, ses déficiences, est cette demeure du mystère du Seigneur ? Présence du Seigneur qui fait jubiler ! C’est ce point que nous trouvons dans Saint Luc. La prédication de Jean-Baptiste est tout simplement la prédication de la loi naturelle, c'est-à-dire ce qui est demandé à chaque homme indistinctement. « Que celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! », et quand des publicains viennent demander ce qu’il faut faire, le Seigneur leur répond : « N’exiger rien de ce qui vous est fixé » et aux soldats : « Ne faites ni violence, ni tort à personne et contentez vous de votre solde » . Ce qu’il y a derrière ces paroles de Jésus est plus profond de ce que nous comprenons habituellement. Jean Baptiste demande avec insistance la conversion. A travers elle, le Seigneur l’amène à se dévoiler et à déclarer que lui n’est rien : « Moi je baptise avec de l’eau ; mais il vient celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’ Esprit Saint et dans le feu ». Qu’est ce qui est derrière Jean-Baptiste ? La présence du Christ, la présence de l’Esprit Saint et la fin des temps. « Le Christ vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » c'est-à-dire qu’il vous fera connaître cette présence souveraine qui est au cœur de chacun de nous, cette présence décisive qui est au cœur de l’Eglise. Nous sommes baptisés dans l’Esprit Saint, nous avons à en vivre. L’Esprit Saint est là pour nous conduire, pour nous guider au milieu du chemin qui est toujours difficile ici-bas. Mais si Jésus baptise dans l’Esprit Saint c’est pour annoncer la fin des temps. Il baptise dans le feu c'est-à-dire il détruit le péché du monde. La fin des temps coïncidera avec l’élimination définitive du péché. Le Seigneur, baptisant dans l’Esprit Saint nous fait passer dans son propre mystère pour que nous nous laissions habiter par son propre Esprit. Celui-ci est le rapport qui est entre le Père et le Fils. Il est ce mystère d’amour qui est entre le Père et le Fils et il nous ouvre à la béatitude de l’amour et à la béatitude avec la rencontre de nos frères. Nous sommes ouverts par Dieu à nos frères, et cela nous oriente vers la fin des temps. Cela nous oriente vers le jugement de la fin des temps qui est simplement celui qui est entré dans nos vies, la présence de cet amour envahissant, de cet amour qui ne finira pas. Nous n’avons pas à avoir peur du jugement. Saint Jean nous dit que l’amour bannit la crainte. Il n’y a pas à craindre le jugement car le jugement sera reçu dans l’amour par ceux qui se seront donnés à l’Amour. Demandons au Seigneur de nous laisser renouveler par cet amour. Avons-nous entendu cette Parole, l’avons-nous entendu au plus profond de notre cœur : « je te renouvellerai dans mon amour » ? Un renouvellement, un renouvellement incessant de la présence de Dieu, un renouvellement qui va « de renouvellement en renouvellement par des renouvellements qui n’ont jamais de fin». Dans l’amour tout est toujours neuf, tout est toujours nouveau, tout est toujours transparent par une présence qui se manifeste toujours plus profondément dans la simplicité et l’humilité. Et si, en ce troisième dimanche de l’Avent, l’Eglise nous invite à la joie, c’est parce qu’elle attend son Seigneur, son Seigneur qui est déjà venu mais qui doit venir. . Vous avez entendu Saint Paul nous dire : « Le Seigneur est proche ». Plus nous avançons dans la vie plus le Seigneur est proche. Il faut dépasser toute inquiétude, s’en remettre totalement au Seigneur, prier et supplier en faisant à Dieu nos demandes. Nous avons à être des hommes de foi, des hommes d’action de grâces, des hommes de demande. Oui, il est important de demander la paix et de faire tout ce qu’il faut pour que cette paix triomphe. « Que cette paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer garde notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus ». Garder nos cœur en Jésus Christ, il n’y a rien de plus merveilleux ; garder nos cœurs dans une dépendance incessante au mystère du Christ, il n’y a rien de plus apaisant. Oui, je vous le demande, garder vos cœur dans cette présence indicible du Seigneur et découvrez que le Seigneur n’a q’une visée, celle de nous faire crier de joie en sa présence même. Il veut nous faire découvrir qu’il est là au milieu de nous, même au milieu des tribulations, même au milieu des difficultés, même au milieu de l’atrocité de ce monde. « Jubilez, criez de joie ». Il ne s’agit pas de nier le mal ou la souffrance, nous savons qu’ils sont trop actifs dans le monde pour le faire. Mais au-delà, il y a quelque chose d’infiniment plus grand, d’infiniment plus beau qui enveloppe tout cela et qui lui donne sens, c’est la joie même de Dieu. Dieu veut nous faire participer à sa joie et si il a crée le monde, c’est pour que nous vivions de sa joie. Si toute l’histoire sainte se déroule comme nous la connaissons, c’est pour que nous vivions de sa joie. Si toute l’histoire de l’Eglise se déroule comme nous la connaissons, c’est pour que nous vivions de sa joie. Et, s’il laisse le monde se développer ainsi, c’est pour que dans la liberté nous reconnaissions l’amour. Oui, soyons des témoins de l’amour, des témoins véridiques, des témoins qui ont fait l’expérience de leurs limites et de leurs faiblesses et qui découvrent que « sublime » est le nom du Seigneur. Demandons ensemble au Seigneur d’entrer dans sa joie, de participer à ce souhait de Paul : « Soyez dans la joie ». Paul connaît l’atrocité du monde, il n’est pour le savoir de relire la deuxième épître aux Corinthiens. Vous verrez combien il a fait l’expérience à l’intérieur de lui- même de la souffrance qui est au cœur du monde, de ce monde qui est en agonie. Et pourtant, c’est le même qui nous dit : « Soyez dans la joie ». Demandons au Seigneur de regarder le monde avec les yeux de Dieu et que notre sérénité soit connue de tous les hommes parce que le Seigneur est proche, qu’il habite en nous, qu’il habite l’Eglise, qu’il habite chacun de nous et qu’il nous donne de le reconnaître avec les yeux de l’amour. Amen. (Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence ) | |||
|
|
|||
|
[Accueil] [Prier par son
intercession] [Récollection-Pèlerinages] [Ecrits,
Etudes] [Une vie pour Dieu] [Lire la
Parole] © 2003, L'Association "Père Marie-Joseph le Guillou o.p." |
|||