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"Dico iterum vobis :
GAUDETE "
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Dimanche 11 décembre 2011
 
Troisième dimanche de l'Avent dit "Gaudete"
Isaïe 61, 1-11 1 Thessaloniciens 5, 16-24 Jean 1, 6-28
Les trois lectures que l’Eglise, en ce dimanche, nous demande de
méditer sont comme trois appels à la joie. Saint Paul
nous dit : « Frères, soyez toujours dans
la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toutes circonstance ;
c’est que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus ».
C’est le cri de Paul, c’est le cri d’un homme qui a
passé sa vie sur les routes du monde et qui a subi
tant de difficultés et de souffrances. Et pourtant, c’est
le même qui nous dit : « Soyez toujours dans
la joie ».
La joie est le signe que la nature a atteint son but et alors tout
s’éclaire à sa lumière divine. « Que
le Dieu de la paix vous sanctifie tout entiers et qu’il garde parfaits
et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps pour la
venue de notre Seigneur Jésus Christ ».
Nous sommes en marche vers Noël et nous devons comprendre qu’au
plus profond de ce mystère, il nous faut recevoir la connaissance
de Dieu que Jésus Christ veut pour nous. « N’éteignez
pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez
la valeur de toutes chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez
vous de ce qui porte la trace du mal… Il est fidèle le Dieu
qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira ».
Le Seigneur nous demande la joie de la fidélité qui
jaillit de notre adhérence à la volonté de Dieu,
à la volonté toute puissante qui repose dans le cœur
du Christ et qu’il nous a transmise.
Le
Seigneur nous demande de nous appuyer sur la vérité de Dieu.
Et l’Eglise veut nous dire ce que Jean Baptiste nous dit clairement :
il n’est pas le Seigneur :
« Voici quel fut le témoignage de Jean Baptiste, quand
les juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres
et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ?
Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je
ne suis pas le Messie ».
Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu
le prophète Elie ? ».
Il répondit : « Non ».
« Alors, es-tu le grand prophète ? ».
Il répondit : « Ce n’est pas moi ».
On constate facilement la force de son non : il dit la vérité.
Jean Baptiste est une figure extraordinaire du début du christianisme.
Il est chargé d’annoncer la venue du Seigneur et de l’
Esprit Saint.
« Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de
vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui
qui vient après moi, et je ne suis pas même digne de défaire
la courroie de sa sandale ». C’est là qu’éclate
la grandeur de Jean Baptiste. Il disparaît derrière son maître,
celui qu’il annonce afin que la vraie présence du Christ
se manifeste. Il ne baptise pas comme le Christ baptisera dans
l’Esprit Saint et le feu.
L’Esprit Saint est toute lumière et toute fidélité.
Nous avons à découvrir avec Jean Baptiste la vérité
de Dieu. Jean Baptiste est le témoin de la lumière mais
il n’est pas la lumière. Jésus baptisera d’une
toute autre manière avec l’Esprit Saint que le Père
lui donne avec l’amour même de Dieu.
C’est ce qui fait que le texte d’Isaïe, que nous avons
en première lecture, est si important : « L’Esprit
du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré
par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle
aux pauvres. Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme
exulte en mon Dieu ». Ce que le Seigneur nous demande,
c’est d’avoir au cœur cette paix, cette joie immense
qui est la joie de Dieu. Tout s’oriente vers la joie.
L’Evangile est un évangile de joie car c’est la
bonne nouvelle, oui, c’est la joie de la bonne nouvelle.
Dans l’évangile, « ne crains pas »
revient souvent. C’est la présence de celui qui est le Tout
Puissant et qui veut nous manifester son amour.
« Il m’a enveloppé du manteau de l’innocence,
il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un
jeune se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux ».
Il ne peut y avoir pour chacun d’entre nous plus beau souhait que
celui-là.
Nous avons à demander au Seigneur la transformation de notre être
à condition d’accepter l’amour de Dieu tel qu’il
se manifeste. C’est un abaissement de l’être de Jésus
Christ en notre faveur. De cette reconnaissance jaillit de la joie,
la joie qui ne se donne pas comme si on pouvait l’acheter mais la
joie qui se donne librement, la joie qui absorbe toutes nos inquiétudes
et qui fait, comme le dit Saint Paul, que nous rendons grâces en
toutes circonstances. Cela peut paraître insensé, c’est
pourtant la vérité.
Nous attendons de vivre cette action de grâce en plénitude
mais toute eucharistie est la préfiguration de cette action de
grâce. En ce temps préparatoire de Noël, je ne puis
vous dire qu’une chose : soyez dans la joie de Dieu malgré
la souffrance du monde, malgré les difficultés quotidiennes,
malgré tout ce qui peut se passer. Le Seigneur est là,
dans sa transparence, dans sa paix, qui est au-delà de tout et
qui garde notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus.
Le Seigneur vient ! Ce n’est pas une formule littéraire.
Il s’est engagé, il est venu dans le Christ, il reviendra
dans la gloire. Et nous serons avec lui.
Pensez-vous souvent à cette rencontre que nous aurons chacun d’entre
nous avec le Seigneur ?
Elle doit commencer dès maintenant. Demandons au Seigneur
d’entrer dans sa paix qu’on ne peut imaginer, qui dépasse
toute espérance. Le Seigneur est plein de bonté et de miséricorde.
Il nous aime et nous donne d’être fidèles. Que notre
sérénité soit connue de tous les hommes. Le chrétien
est un signe par sa simplicité et sa vérité dans
le mystère de Dieu. Nous connaissons Dieu. Nous avons fait l’expérience
de Dieu. A nous de nous laisser emporter par ce don du Seigneur, alors
nous rendrons grâce à Dieu en toutes circonstance et nous
serons inquiets de rien. Amen !
(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence ) |