Dimanche 30 novembre 2008

Premier dimanche de l'Avent, année B

Isaïe 63, 16...64, 7 1 Corinthiens 1, 3-9 Marc 13, 33-37

 

Aujourd’hui, je voudrais délivrer un message de joie.

Saint-Paul nous y invite aussi : « Que la grâce de la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ le Seigneur ». Nous avons donc à rendre grâce.

Le temps de l’Avent n’est pas un temps de tristesse. C’est un temps d’attente de toutes les richesses du Seigneur, celles de la puissance de sa Parole et celles de sa connaissance.

Tout nous est donné dans le Christ et par le Christ : aucun don spirituel ne nous manque et tout se révèlera au dernier jour. Mais en attendant, à l’évidence, nous bénéficierons de la fidélité du Seigneur : elle est totale, elle est absolue. Dieu ne nous abandonne jamais puisqu’il nous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur. Le temps de l’Avent nous demande de mieux percevoir la joie dans la fidélité du Seigneur, la joie dans son amour qui nous enveloppe et nous précède de partout.

Le livre d’Isaïe met en relief la conscience que nous devons avoir du péché : « Tu étais irrité par notre obstination dans le péché et pourtant nous serons sauvés. Nous étions tous semblables à des hommes souillés, et toutes nos belles actions étaient comme des vêtements salis ». Pour être joyeux, il faut avoir en soi la conscience de notre péché et en même temps la conscience de l’amour du Seigneur qui, dans sa fidélité, nous enveloppe, de son amour. Nous avons besoin de lui pour découvrir notre misère, notre faiblesse, sinon comme le dit Pascal : « Si tu voyais ton péché, tu perdrais cœur ». Il a raison. Voilà pourquoi Isaïe fait une demande à Dieu qui jaillit du fond de son cœur : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ». Et bien, le Seigneur a déchiré les cieux et il est descendu parmi nous. Il nous prend dans son mystère d’amour et de joie dont nous allons découvrir la profondeur dans la mesure où nous découvrons, comme le dit l’Ecriture avec une certaine brutalité, des hommes souillés. Le Seigneur  a besoin de venir en nous. Il vient à notre rencontre car c’est lui qui nous transforme.

Lorsque le Christ parle de sa venue, il insiste sur la veille : « Veillez, donc, car vous ne savez pas quand le maître de maison reviendra …..Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ». Nous pouvons nous appuyer sur les paroles du Seigneur pour découvrir à quel point nous avons à lui être présents, d’une présence d’amour, de joie et de paix. En ce temps d’Avent, je vous convie à découvrir la joie paradisiaque qui est dans le cœur du Seigneur. C’est celle du Christ allant à la croix pour aller vers le Père. Il nous laisse avec ces paroles : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne » (Jn 14,27) et « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jn, 15,11) Il n’y a pas de plus beaux témoignages que celui-là : le Seigneur nous donne la joie de Dieu, le joie intérieure de la communion avec Dieu et il nous fait tenir solidement jusqu’au bout. Nous devons demander au Seigneur la grâce de lui faire don de notre liberté pour tenir solidement puisqu’il nous donne sa grâce et sa paix, son amour et sa tendresse avec une prodigalité invraisemblable, dans un don toujours renouvelé. Le Seigneur n’est que don et amour : nous devons être là présents pour tous les hommes.

En ce temps d’Avent, je voudrais que nous ayons dans le cœur la présence du monde entier et particulièrement des hommes qui ne sont pas chrétiens. Ceux-ci n’ont pas la Parole que le Seigneur a prononcée dans le monde et il dépend, peut-être, de nous qu’ils l’entendent. Pour cela, il faut que les chrétiens témoignent de la Parole du Seigneur.

Demandons au Seigneur, dans l’Eucharistie, une ouverture incessante à sa Parole, une découverte renouvelée de ce qu’il est. Veillez, réveillez-vous ! C’est le moment de découvrir ce qu’il y a de plus intimes en notre propre cœur, c’est le moment de découvrir ce qui fait la joie du Seigneur. Il est là, il est vivant, il aime chacun d’entre nous avec une tendresse incomparable puisque c’est celle de Dieu, donc de l’amour. Chantons notre reconnaissance au Seigneur et demandons-lui la grâce de communiquer le témoignage de sa paix, le témoignage de son don, le témoignage de son amour. Soyons des hommes libérés par la Parole de Dieu, des hommes transfigurés par sa Parole, des hommes marqués par la Parole de Dieu au plus profond de leur être. Dieu nous appelle et vient chercher chacun de nous à sa façon. Laissons-nous faire, intercédons les uns pour les autres. Nous pouvons tout demander pour nos frères et nous sommes assurés que le Seigneur nous exaucera, je vous le promets. Alors soyons dans la joie et dans la paix. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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