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Les
homélies de ce Carême seront illustrées avec les photos
de la Terre Sainte.
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...Ce
n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole
qui sort de la bouche de Dieu...».
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Premier dimanche de Carême Les tentations de Jésus au désert Deutéronome 26, 4-10 , Romains 10, 8-13, Luc 4,1-13 Le carême s’ouvre par le grand récit de la tentation du Christ. Il s’agit pour nous d’entrer dans le combat du Christ, c'est-à-dire dans un combat spirituel, un combat où il en va de notre destinée spirituelle, de notre être tout entier. Le récit de la tentation nous met face à nos responsabilités et nous ouvre en même temps un chemin que nous devons suivre. Dans le texte de Saint Luc, la dernière tentation se situe à Jérusalem, sans doute parce que l’Evangile de Luc est orienté vers la montée du Christ à Jérusalem et que c’est dans cette ville que se jouera le mystère du Christ. Prenons la première tentation ; elle nous paraît bien
mystérieuse car il est étonnant que le Fils de La deuxième tentation concerne ce qui est au cœur de toutes nos vies. Nous avons tous, plus ou moins, la tentation de puissance, la tentation de dominer le monde, de le tenir dans la main et d’abandonner le Seigneur. Le Christ y répond par une formule simple mais incisive : « Il est écrit : Tu te prosternera devant le Seigneur, ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras ». Enfin la troisième tentation est présentée chez St Luc volontairement comme le sommet des tentations. C’est la tentation de se jeter du haut du Temple. « Si tu es le Fils de Dieu (remarquez la formule), jette toi en bas ; car il est écrit : « Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder » et encore : « Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte les pierres. Et le Christ n’a qu’une formule lapidaire : Il est dit : « ‘’Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu’’ ». Au cœur de la vie du Christ, il y a le mystère de la tentation. Il y a le désir de réaliser le dessein de Dieu par des voies que les disciples ont choisis d eux-mêmes et que nous choisissons spontanément, nous aussi parfois. Les disciples attendent un Messie glorieux, un Messie triomphant, un Messie politique, un Messie qui donnerait la solution de tout et qui résoudrait tout. Le Seigneur n’a qu’une seule attitude : s’en remettre à la volonté d’amour du Père sur lui, qui est toute autre chose. Le Christ doit être élevé non au sommet du temple mais sur la croix : « Et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12,32). Sa vocation est bien, en effet, d’attirer les hommes à lui et de les faire entrer dans la découverte de l’amour de Dieu mais à travers un mystère étonnant que nous commençons de « balbutier », si je puis dire, en ce début de carême et qui est la croix et la résurrection. Tout, dans cet Evangile, est orienté vers la croix et la résurrection. Remarquez cette formule qui termine cet épisode de la tentation du Christ : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé » Le démon s’éloigne de Jésus mais c’est pour l’atteindre plus au cœur, au moment même où va se réaliser le mystère de l’affrontement du Christ et du mal, le mystère du triomphe du Christ sur la croix. Notre vie n’a de sens que dans la croix et la résurrection. Elle n’a de sens que prise dans la croix et la résurrection. Elle n’a de sens que si nous l’a voyons dans cette perspective de lumière et d’amour où tout est transformé par l’amour de Dieu, où tout est paix, adoration du Seigneur. Dans le livre du Deutéronome, nous avons la grande confession d’Israël : « Mon père était un Araméen vagabond qui descendit d’Egypte.. ». Nous avons ensuite tout le récit de la délivrance d’Israël. Pour entrer dans le mystère du Christ,pour combattre le démon dans nos vies, il faut regarder le Seigneur, il faut confesser qu’il est là, qu’il a choisi Israël, qu’il a voulu le sauvetage d’Israël d’Egypte, qu’il a voulu toute l’histoire d’Israël, et qu’il est au cœur de nos vies. C’est ce que dit Saint Paul : « La Parole est prés de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c’est le message de la foi que nous proclamons ». En ce début de carême, le Seigneur nous demande de proclamer notre foi, de l’exprimer, de la laisser, je dirais exploser en nous. Elle donne tout son sens à nos vies. Le vrai problème du chrétien, c’est de laisser sa foi prendre le pas sur ce qu’il pense, être transformé par cette parole qui est le message de la mort et de résurrection du Christ : « Si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé ». La foi est dynamique, la foi est vivante, la foi engendre la foi. C’est une foi qui n’est pas centrée sur elle-même mais qui s’ouvre sur les autres. Elle nous fait désirer que tous soient dans le mystère du Royaume et « qu’entre les Juifs et les païens », il n’y ait pus de différence et que nous soyons tous vraiment dans le même Seigneur. Le mystère de la tentation est un mystère insondable. Nous ne pouvons pas mesurer ce que représente pour le Christ ces quarante jours de désert, cette mise à l’épreuve par le démon. Ce que nous savons, c’est qu’elle a une signification qui vaut pour chacun d’entre nous : notre foi a déjà vaincu le monde. La tentation a pour but essentiel de nous dire que le Christ a déjà vaincu le mal. Il a vaincu le monde : « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde ». Il faut que nous nous libérions, que nous soyons dans cette liberté souveraine de croire que le Christ a déjà triomphé en nous de la tentation. Nous serons tentés. La vie humaine est une vie dans la quelle il y a la tentation. La vie humaine est une vie de « service militaire » dit le livre de Job, une vie dans laquelle i l y a des difficultés, des souffrances, des tentations qui peuvent aller jusqu’au fond de l’être et qui, quelquefois, nous donnent l’impression que nous sommes tentés au-delà de nos forces. Mais ce n’est pas Dieu qui nous tente. C’est nous qui nous laissons tenter par le manque de confiance dans le Seigneur. Le Christ a déjà vaincu parce qu’il a reconnu son Père comme le Père des cieux, comme son propre Père, comme celui qui donne à tout homme de triompher en Lui. Tout est déjà gagné ! Nous n’avons rien à craindre. Le mystère chrétien a ceci d’étonnant, c’est que « tout est déjà fait et tout reste à faire ». Pourtant nous devons apprendre à rencontrer la tentation et à en triompher. C’est un mouvement d’approfondissement incessant de notre vie. Nous sommes pris dans le mystère du Christ. Notre cœur est modifié dans le Christ, nous dit Saint Paul et cependant il a encore à être modifié. C’est ce que signifie la liturgie d’aujourd’hui. Nous sommes pris dans le mystère du Christ. Notre cœur est modifié dans le cœur du Christ, nous dit Saint Paul et pourtant, il a être modifié. C’est bien ce que signifie la liturgie d’aujourd’hui. Nous sommes pris dans le mystère du Christ, il nous enveloppe. Il vit notre vie. Il est l’homme qui a vécu une vie d’homme semblable à la nôtre. Il faut peser l’ampleur des termes : Jésus, le Fils de Dieu, est vraiment un homme. Un homme tenté. Un homme tenté au plus profond de lui-même qui n’a qu’une ressource, celle de se jeter dans le cœur de Dieu, se jeter dans sa filiation : Il est le Fils de Dieu. Le Christ se réfugie dans la Parole de son Père qu’il est lui-même. Il se réfugie dans l’adoration de son Père qui est la vérité de son être : « c’est lui seul que tu adoreras… ». Il se réfugie dans la confiance en Dieu : « Tu ne mettras pas le Seigneur ton Dieu à l’épreuve… ». Ainsi nous sommes engagés, nous aussi, dans la tentation du Christ. Le Christ a vaincu : « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde ». Il faudrait en nous cette confiance absolue que toute tentation est désormais vaincue, toute tentation est désormais gagnée. Nous aurons, nous aussi, des tentations telles que la gloire nous soit donné dans ce monde, que l’Eglise soit triomphante dans le monde, que l’Eglise apparaisse comme quelque chose de « merveilleux », de « merveilleusement » étonnant qui nous plongerait en quelque sorte dans la vision immédiate de Dieu. Ce n’est pas le mouvement du Seigneur. Le sien est de nous faire passer par l’unité du chemin qu’il a pris, de nous y engager et d’y engager son Eglise avec lui. L’Eglise du Seigneur est belle. Elle est magnifique. Elle est splendide Elle doit suivre le Seigneur sur son chemin à lui et ne doit prendre aucun autre chemin. Je ne sais si vous avez pensé à la communauté chrétienne de Rome, lorsque Pierre et Paul sont décapités. Il n’y a plus dans l’Eglise de Rome les grands témoins. Cela a été une heure d’épreuve et cependant, cela a été l’heure de la visite du Seigneur, l’heure où s’est affirmé le mystère de Pierre, le mystère de Paul, l’heure où s’est affirmé la présence du Seigneur au cœur de la vie de l’Eglise. Demandons au Seigneur d’entrer dans le mystère de cette épreuve, de comprendre que la tentation nous atteindra mais que nous n’avons pas avoir peur. Nous sommes libres, libres de la liberté même du Christ qui nous engage. Puissions-nous chanter notre confession de foi au cœur de l’Eucharistie, car c’est là que nous sommes engagés avec le Christ.Amen ! (Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence ) |
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