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Dimanche 29 novembre 2009
Premier dimanche de l'Avent, année C Jérémie 33, 14-16 I Thessaloniciens 3, 12 - 4,2 Luc 21, 25-36
Se tenir éveillés, être attentifs, être présents au Seigneur alors qu’il annonce son retour dan la gloire et nous conduit à la réalité fondamentale concernant notre mort. Il faut nous éveiller ou nous réveiller. L’éveil, c’est prier. L’éveil, c’est tenir dans la foi. L’éveil, c’est tenir dans l’espérance. Il ne faut pas dormir mais sauver le monde et être debout comme Marie.
Notre mission à nous chrétiens est cette attention renouvelée au mystère du Seigneur, cette intériorisation du mystère du Christ, cette découverte toujours nouvelle du Seigneur, cette persévérance dans la prière. Et, pourquoi ne pas le dire, ce n’est pas facile ! L’Avent est là pour nous rappeler cette insistance de l’Eglise qui nous dit de prier en tout temps. Vous savez combien nous avons facilement tendance à ne pas tenir le temps qu’il faut devant le Seigneur. Pourtant, il nous demande d’être là, présent comme on est présent à ceux qu’on aime, comme on est présent dans une vie d’amour et de vérité, dans une vie de charité. Remarquez combien Paul, Jacques, Jean et les autres apôtres sont des hommes éveillés, des hommes qui se tiennent debout pour être prêts à paraître devant le Fils de l’Homme. Paul prie pour que « le Seigneur nous établisse dans une sainteté sans reproche devant dieu notre Père pour le jour où le Seigneur viendra avec tous les saints ». « Demeurez dans une sainteté sans reproche ». Ce que l’Eglise nous demande au nom du Seigneur, en ce début de l’Avent, c’est notre sainteté, notre fidélité au mystère de Dieu, notre présence au Seigneur. Ayons une conduite qui plaise à Dieu. Comment ? Jésus nous le dit : « Je ne cherche pas ma volonté mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 5, 30). C’est complaire dans la volonté du Seigneur : c’est là tout le mystère. Au cours de sa vie terrestre, le Seigneur est tendu vers la volonté de son Père et rien d’autre. C’est aussi son enseignement du Notre Père à ses apôtres. Et finalement, l’attente du retour du Seigneur doit se vivre dans la communion fraternelle, dans la charité fraternelle. Vous avez entendu Paul nous dire « d’avoir à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant comme celui que nous avons pour vous ».
Pensons nous vraiment que le Seigneur habite en nous et qu’il nous transfigure jusque dans notre corps ? Pensons-nous vraiment que la transfiguration de notre être est commencée et que le mystère de Dieu est présent au cœur de nos vies ? « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, mon Père l’aimera et nous établirons en lui notre demeure » (Jn 14, 23). Etre habité ! Pensez vous à cette habitation ineffable de Dieu en vous, à ce dialogue incessant que vous offre le Christ ? En réalité ce que le Seigneur nous propose, c’est de choisir entre ce commerce avec lui et le commerce avec le monde. Nous sommes tous spontanément plus prêts au dialogue non avec le Seigneur mais avec le monde. Demandons au Seigneur d’apprendre à lui plaire, d’apprendre cette complaisance d’amour en Lui, de nous habituer à nous reposer dans son amour. La tradition nous livre cette notion fondamentale que l’on trouve dans l’Evangile : le repos. Il s’agit de nous reposer en Dieu. Dieu est-il notre repos, ce repos qui détend notre être, le rectifie et nous remet dans la vérité du Seigneur ? C’est une expérience à faire absolument. Si vous ne l’avez pas faite, commencez et, si je puis m’exprimer ainsi, « jouez » avec le mystère de présence et d’amour du Seigneur. Bien sûr, il se cachera, bien sûr à certains moments, il disparaîtra, mais c’est toujours par une présence plus profonde. Il joue à cache-cache avec nous faire rentrer plus profondément en Lui et pour que nous lui soyons fidèles. Demandons au Seigneur d’entrer dans sa joie, d’entrer dans son amour. Un Avent est une attente et vous savez qu’il n’y a rien de plus dur que l’attente. Attendre, c’est toujours attendre dans l’espérance mais aussi dans l’incertitude. Une des tortures les plus profondes, c’est la torture de l’attente : toutes les polices du monde savent que l’attente est une des choses les plus tragiques et les plus douloureuses à moins qu’elle ne soit habitée par l’amour. Demandons au Seigneur d’attendre dans l’amour, que ce temps de l’Avent soit une attente toute bénie du Seigneur, toute illuminée par le Seigneur. C’est ce que rappelait la lecture de Jérémie. Le Seigneur nous a donné « un germe de justice » (un germe c'est-à-dire quelque chose qui pousse) et ce germe de justice c’est Jésus-Christ habitant nos cœurs et les transfigurant, c’est le Seigneur nous enracinant dans son amour et faisant de nous des êtres nouveaux. « Je ferais naître chez David un germe de Justice ». Au cœur de l’Eglise, il y a ce germe de justice, il y a cette présence du Dieu vivant en Jésus-Christ qui exerce le droit et la justice dans notre pays, qui est le royaume des cieux. Nous sommes là dans un monde où la sécurité de Dieu n’est pas la sécurité du monde. « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; je vous la donne pas comme le monde vous la donne ». (Jean 14, 27). Le Seigneur nous sa propre joie, sa joie paradisiaque : « Jérusalem habitera en sécurité ». Nous avons à demander au Seigneur de découvrir que Dieu est notre justice. Saint Paul nous crie que sa justice, c’est le Christ, qui est notre joie, notre rédemption, notre sagesse, notre tout. Oui, nous avons à découvrir davantage que Dieu est notre tout. Et, dans cette montée de l’Avent, qui est la montée vers Noël, une montée vers la Parousie, vers le moment où nous verrons Dieu face à face, demandons au Seigneur de rentrer dans ce mystère de sécurité. Il n’ y a pas avoir peur d’être dans la sécurité. De temps en temps, on dit aux chrétiens qu’ils ne devraient pas être sûr de leur foi : il n’y a pas pire aberration ! Si vous aviez dit à Paul ou à Jean qu’ils n’étaient pas sûrs de leur foi, ils vous auraient ri au nez parce que tout simplement la foi, c’est la sécurité, c’est l’habitation bâtie sur le roc. Demandons au Seigneur d’avoir ce sentiment de sécurité vivante, de sécurité qui est transparence au mystère de Dieu. « Voici des jours que j’accomplirai la promesse
de bonheur que j’ai adressé à la maison d’Israël
et à la maison de Juda ». Le Seigneur nous promet
la béatitude. Au début de cet Avent, il nous annonce les
béatitudes qu’il va vivre lui-même puisqu’il
va naître dans une crèche. Cette béatitude sera une
béatitude de pauvreté et de joie. Demandons ensemble
au Seigneur les uns pour les autres et pour toute l’Eglise cette
entrée dans la joie de Dieu, dans la paix de Dieu, dans cette espace
où le Père, le Fils et le Saint-Esprit habitent en nous.
Je voudrais que vous soyez assurés que le Seigneur habite en vous,
qu’il est votre demeure, que c’est lui qui est important.
La prière n’est pas faite pour autre chose sinon pour découvrir
cette présence, pour la vivre à travers tout, pour la vivre
à l’infini, pour la vivre
(Extrait du livre : La puissance de l'amour de Dieu dans sa Parole. Homélies, année C. Parole et Silence ) | ||
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