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1972-1973:
Retraite qui sera publiée plus tard sous le titre l'Église, lumière dans notre
nuit
Cette retraite a été donnée à un moment important pour tous les chrétiens. Le
Concile a fait lever une espérance de renouvellement de l'Église et, un peu
dans tous les domaines, on ne voit que bouleversement, libres initiatives étranges,
notamment en vie liturgique :les chrétiens disent ne plus reconnaître leur Église
et la vie monastique est touchée. Il suffit qu'un prédicateur passe ici ou là
pour décréter que l'obéissance doit faire place au consensus, que la pauvreté
invite à brader des maisons religieuses, que la chasteté doit être vécue dans
la spontanéité et que la charité fraternelle doit permettre de dire n'importe
quoi à n'importe qui ! Et le Seigneur ? et l'Église ? On ne veut plus croire
en son institution, alors qu'en reste-t-il ? C'est dans ce climat que le Père
Le Guillou s'est hasardé au cur de la congrégation. Ses paroles ont secoué
les êtres ! Impossible d'entendre un tel discours sans vouloir aller plus loin.
Le Père Le Guillou « était piégé » !
Cours de théologie et rédaction des constitutions
A partir de 1972, le Père le Guillou commence donc des cours de théologie, devenus
d'autant plus indispensables que la Congrégation des Religieux à Rome demande
aux congrégations d'étudier la structure théologique du charisme de chaque institut,
et d'en approfondir les différents éléments, pour rédiger de nouvelles constitutions
normant la vie des religieuses. C'est ainsi que pendant trois années, nous avons
suivi des cours et des sessions ciblant chaque point de notre vie du point de
vue théologique et spirituel. Les constitutions recevront une approbation «
ad experimentum » en 1975. Celle-ci nous invite à travailler davantage encore
avec le Père Le Guillou, qui sera nommé par Rome « théologien » au Chapitre
Général. L'approbation définitive sera donnée en la fête de Pentecôte 1983 pendant
l'année jubilaire de la Rédemption.
De 1979 à 1990
Atteint depuis 1974 de la maladie de Parkinson et voulant maintenir aussi longtemps
que possible ses activités (membre de la Commission Théologique Internationale,
professeur à l'Institut Supérieur d'Études cuméniques etc
... ), le Père Le Guillou a demandé à son Provincial l'autorisation de vivre
hors de son couvent Istina, pour demeurer au Prieuré
de Béthanie. A partir des années 1983, il a fait fonction d'aumônier du
Prieuré, tout en continuant à donner des cycles de conférences aux laïcs voulant
acquérir une formation de la foi et un apprentissage à la prière. Des livres
posthumes publiés ensuite manifestent son travail auprès de tous et l'enfouissement
dans le Seigneur qu'il a accepté de tout cur jusqu'à offrir ses souffrances
pour l'Église, son Ordre et tous ceux qu'il portait dans son sacerdoce.
Le Père Marie-Joseph Le Guillou s'est endormi dans le Seigneur le 25 janvier
1990 à 23h50, à la fin du dernier jour de la semaine de l'Unité.
Notre reconnaissance envers lui doit se traduire en un seul acte : vivre dans
le Mystère de Dieu dans lequel il nous a « installées ». nous vivons un temps
sur terre dans le dessein d'amour du Père qui nous a choisies et aimées de toute
éternité ; nous sommes, par le baptême dans l'Église catholique, enfants adoptives
unies au Fils, qui nous donne de demeurer dans le Saint-Esprit. « Élevé
de terre, j'attirerai tout à moi » nous dit Jésus, nous sommes tendues vers
la Béatitude où, enfin réunis tous ensemble, nous attendrons le jour de la Résurrection
de la chair.
Notre prière de louange se veut être un chant de gloire à la Trinité Sainte,
confession de foi en la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, action
de grâces pour les merveilles qu'il accomplit. Notre participation au salut
de nos frères se traduit par la charité que nous désirons répandre dans notre
service d'Église. Foi, espérance et charité fondent, malgré toutes nos
faiblesses, notre vie quotidienne. Pour tant de grâces reçues, il nous revient
la mission de vivre selon ce qu'il n'a cessé de nous demander : vivre au cur
de l'Eucharistie, prier sans cesse, travailler la Parole de Dieu, confesser
notre foi dans la liturgie, étudier, avoir toujours un travail « en chantier
», travailler avec sérieux, être équilibrées dans une humanité, certes faible,
mais remise au Seigneur et intensifier chaque jour notre charité fraternelle.
C'est le fond de la vie monastique qui appellera nos frères à une vie profondément
chrétienne. Chacun pourra vivre selon sa vocation reçue de Dieu.
Par Mère Marie-Agnès
extraits des Flashes sur la vie...
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