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Père Marie-Joseph le Guillou dès les premières années de sa vie religieuse a compris que le Seigneur a déposé en son coeur une vocation spéciale "pour l'unité" - ut unum sint ! En 1952 il a été appelé
au centre d'études Istina. En 1958, il a obtenu son doctorat en théologie
avec mention, en soutenant sa thèse : " Mission et Unité. Les
exigences de la communion". Simultanément, alors qu'il était
membre du centre d'études Istina, il a continué son enseignement à la
faculté de théologie du Saulchoir de 1952 à 1967 sur la théologie orientale.
Pour mieux connaître la tradition orientale, il a passé une année au Mont
Athos. Le Père Marie-Joseph Le Guillou s'est endormi dans le Seigneur le 25 janvier 1990 à 11 h 50, à la fin du dernier jour de la semaine de l' Unité. Il repose au cimetière de Blaru dans les Yvelines. |
par Monseigneur
Patrick Chauvet, 19 janvier 2000 Comme
il est bon, au début de ce colloque sur l'œcuménisme, dans le sillon
du Père Marie –Joseph Le Guillou, de réentendre les paroles du Christ
qui nous conduisent à la source. En effet, la source de l'unité est
la vie Trinitaire. Certes, les rencontres, les colloques, les études,
les recherches sont importants – sinon nous ne serions pas là -, mais
nous passerions à côté si nous ne commençons pas par contempler la source
qui n'est pas simplement source, mais don de l'unité.
"L'Eglise
est une", de cette unité qui jaillit de la vie divine
Si
nous voulons grandir dans l'unité, il nous faut nous mettre à la suite
du Christ, doux et humble de cœur, celui qui s'est fait obéissant jusqu'à
la mort, celui qui n'a fait que la volonté de son Père. Il nous faut
vivre ainsi dans l'intimité" avec le Christ, en Lui, par Lui et
pour Lui, alors nous demeurerons dans cette unité qui est Trinité. Les
divisions dans l'Eglise depuis deux mille ans ont des raisons multiples
– volonté de puissance, orgueil, manque d'écoute, incompréhensions linguistiques,
questions politiques, historiques, conflits théologiques …que sais-je?
– mais à chaque division, ce dont je suis sûr, c'est que nous étions
loin de la charité, de l'obéissance et de l'humilité. A chaque rupture,
nous avons refusé de suivre le Christ dans son Mystère Pascal. Comme
l'écrit le Père Le Guillou, dans Mission et Unité " …C'est
toujours le refus d'un élément d'autorité, au sein de la communion comme
mystère fraternel, qui commande toutes les objections." Et
nous ce soir, dans cette Basilique du Sacré-Cœur, nous nous retrouvons
pour nouos mettre à l'école d'un théologien qui a consacré sa vie à
cette réconciliation. Il s'agit donc de nous mettre à son école. Certains
se disent peut-être : "Que sommes-nous dans l'Eglise ? Pouvons-nous
faire quelque chose ? Cela semble nous échapper !" Ce
chemin d'unité, il commence par la prière. Un
être unifié et pacifié porte en lui ce désir d'unité. Il est de bon
ton, aujourd'hui, d'aimer et parfois de susciter des conflits ! Nous
n'avons pas à fuir les conflits s'ils surviennent, mais nous sommes
d'abord appelés à être des artisans de paix, habités par la douceur
de la charité.
Ainsi,
ce qui est en notre pouvoir aujourd'hui n'est pas secondaire, mais nous
met au cœur du mystère que nous célébrons. Le
Père M.J. Le Guillou a engagé un dialogue œcuménique autour de la notion
et de la réalité de communion, réalité commune à tous les chrétiens.
Ce thème sera développé par le Père de la Soujeole. Je ne reprends donc
que les grandes lignes. Le
Père Le Guillou souligne "d'abord que le Christ seul Prêtre a voulu
créer une Eglise, c'est à dire un peuple sacerdotal et royal … qui soit
le Temple de Dieu. Ensuite, pour le service de cette vie ecclésiale
… le Christ a institué des ministères qui sont là pour représenter dans
le Corps de l'Eglise son action toujours agissante … L'Eglise apparaîtrait
immédiatement ainsi comme communion, c'est à dire comme Corps indivisible
animé par l'action unifiante de l'Esprit donnant à chacun de ses membres
des dons variés pour le service de tous, ou mieux comme l'unité d'un
corps organiquement lié pour permettre l'épanouissement des personnes
dans la charité" ( Mission et Unité – Tomme II pp223-224). Dans
ce corps, chacun d'entre nous a une place, avec son charisme qui lui
est propre, mais dans cette communion ; c'est-à-dire, si le charisme
est mis au service de la communion et non à son propre service, car
il deviendrait alors volonté de puissance et destruction de la communion.
Cette communion ne supprime pas l'autorité, sinon nous sommes dans l'anarchie,
mais cette autorité est aussi de l'ordre de la communion ; ainsi, dit
encore le Père Le Guillou : " Les évêques ne peuvent agir avec
plénitude qu'en liaison avec la communion de toute l'Eglise exprimée
par la communion des Evêques entre eux" (ib. p 225) Certes,
demeure la place du Pape ! Le Père Le Guillou poursuit : " Le Pape
ne possèderait pas le suprême pouvoir de gouverner l'Eglise dans l'unité
s'il n'était pas le premier des évêques, et il n'existe jamais en dehors
de la communion des évêques, puisqu'il est précisément le critère de
cette communion." (ib. p 226) Je
ne développe pas ce point puisqu'il sera traité par le Père Morerod. Ainsi,
grâce aux ministères des Evêques, en communion entre eux autour du Concrètement,
cela suppose que les églises locales " doivent se comprendre les
unes les autres, s'ouvrir les unes aux autres, en un mot, donner et
recevoir". Nous
ne pouvons vivre cela que dans l'Esprit Saint ; en cette Eucharistie,
demandons au Seigneur de nous aider à vivre beaucoup plus dans l'Esprit
pour devenir des signes de cette unité. Alors, oui, "le Témoins
sont parmi nous".
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